performance humaine

chronique

du lundi

Lundi 31 Août 2026

Et si notre intestin pouvait lui aussi s’entraîner à la chaleur ?

Et si notre intestin pouvait lui aussi s’entraîner à la chaleur ?
Quand il fait chaud, nous pensons immédiatement à notre température corporelle, à notre transpiration ou à notre hydratation. Beaucoup moins à notre intestin. Et pourtant. Pendant un effort prolongé dans la chaleur, notre organisme doit faire des choix : davantage de sang vers les muscles qui travaillent et vers la peau pour évacuer la chaleur. L’intestin peut alors devenir l’un des territoires sacrifiés. Sa perfusion diminue. Sa barrière se fragilise. Et absorber correctement ce que nous buvons et mangeons peut devenir plus difficile. C’est là qu’une idée issue du sport de haut niveau devient particulièrement intéressante : le « Training the Gut ». Les travaux de mon collègue et ami Asker Jeukendrup l’ont notamment montré : notre système digestif n’est pas un organe passif. Il est adaptable. En répétant à l’entraînement les stratégies nutritionnelles que l’on souhaite utiliser dans des conditions difficiles, l’intestin peut apprendre à mieux tolérer les apports. Autrement dit, notre préparation à la chaleur ne devrait peut-être pas s’arrêter à l’acclimatation, au refroidissement ou à l’hydratation. Elle peut aussi passer par notre assiette… et notre intestin. On entraîne nos muscles à l’effort. On acclimate notre corps à la chaleur. Et si l’on entraînait aussi notre intestin ?

Dr. Christophe Hausswirth