performance humaine
chronique
du lundi
Lundi 3 août 2026
Pourquoi fait-on davantage d'erreurs lorsqu'il fait très chaud ?
Nous avons tous déjà vécu cette situation.
Relire deux fois le même e-mail.
Chercher ses mots.
Oublier un rendez-vous.
Prendre une décision un peu trop rapidement.
Ou simplement avoir cette impression que « le cerveau tourne au ralenti ».
Et si ce n'était pas seulement une sensation ?
La chaleur ne sollicite pas uniquement notre organisme. Elle mobilise également notre cerveau.
Lorsque la température corporelle augmente, une partie de ses ressources est mobilisée pour maintenir notre équilibre thermique. Cette priorité physiologique est indispensable à notre survie… mais elle laisse moins de disponibilité pour certaines fonctions cognitives.
La science montre que ce sont principalement les fonctions exécutives qui sont les plus sensibles à la chaleur :
• la prise de décision ;
• l'attention ;
• la concentration ;
• la mémoire de travail ;
• la capacité d'anticipation.
Autrement dit, les capacités qui font la différence chez un dirigeant, un chirurgien, un pilote, un militaire… ou un sportif de haut niveau.
La bonne nouvelle est que ces effets ne sont pas une fatalité.
L'acclimatation progressive à la chaleur, une hydratation adaptée, des stratégies de refroidissement ou encore l'organisation des tâches les plus exigeantes aux heures les plus fraîches permettent de préserver une partie de nos capacités cognitives.
À mesure que les épisodes de chaleur deviennent plus fréquents, comprendre le fonctionnement de notre cerveau n'est plus seulement une question de confort. C'est aussi un enjeu de sécurité, de santé et de performance.
La chaleur ne diminue pas notre intelligence. Elle détourne simplement une partie des ressources de notre cerveau vers une priorité absolue : maintenir notre équilibre thermique.
Dr. Christophe Hausswirth