performance humaine
chronique
du lundi
Lundi 17 août 2026
Pourquoi supportons-nous moins bien la chaleur en vieillissant ?
Face à la chaleur, notre organisme possède une remarquable capacité à se défendre.Lorsque notre température augmente, deux mécanismes jouent un rôle essentiel : le débit sanguin vers la peau augmente et nous transpirons davantage.Notre corps peut ainsi évacuer une partie de la chaleur qu’il accumule.
Mais avec l’âge, cette formidable mécanique devient progressivement moins efficace.
La réponse sudorale peut diminuer. La circulation sanguine cutanée s’adapte moins efficacement. Et le système cardiovasculaire dispose également de moins de marge pour répondre à cette contrainte supplémentaire.
Conséquence : à chaleur identique, une personne âgée peut accumuler davantage de chaleur dans son organisme.
Une étude récente l’illustre particulièrement bien. Des chercheurs ont exposé des adultes jeunes et des personnes de 65 ans et plus pendant 3 heures à des conditions de chaleur extrême, tout en leur faisant réaliser de petites activités reproduisant celles de la vie quotidienne.
Dans une condition de chaleur sèche à 47 °C, l’augmentation de la température interne a atteint :
+0,68 °C chez les 18–39 ans
contre
+1,37 °C chez les ≥65 ans.
Soit une augmentation environ deux fois plus importante chez les plus âgés dans ces conditions expérimentales (McKenna et al., 2023).
Voilà pourquoi le vieillissement constitue un facteur important de vulnérabilité pendant les épisodes de forte chaleur.
Mais ce n’est pas une fatalité.
Avec l’âge, quelques principes deviennent encore plus importants : boire régulièrement sans attendre la soif, rechercher les environnements frais, limiter les activités aux heures les plus chaudes, adapter l’intensité des efforts et renforcer la vigilance pendant les épisodes de canicule.
Car face à la chaleur, nous ne sommes pas tous égaux.
« Avec l’âge, nous ne perdons pas seulement notre capacité à supporter la chaleur. Nous perdons progressivement une partie de notre capacité à nous en débarrasser. »
Dr. Christophe Hausswirth