performance humaine

chronique

du lundi

Lundi 6 juillet 2026

Et si le premier signe du vieillissement n'était pas l'âge ?

Et si le premier signe du vieillissement n'était pas l'âge ?
Lorsque l'on parle de longévité, nous pensons presque toujours à l'alimentation, à l'activité physique ou au sommeil. Et nous avons raison. Mais la physiologie nous invite à regarder un peu plus loin. Car ce qui conditionne notre santé n'est pas uniquement notre mode de vie. C'est aussi notre capacité à nous adapter aux contraintes que ce mode de vie nous impose. À récupérer après un effort. À retrouver un équilibre après un stress. À maintenir un fonctionnement harmonieux malgré les sollicitations du quotidien. Cette capacité d'adaptation est l'une des plus grandes richesses de notre organisme. Depuis plusieurs années, un indicateur retient particulièrement l'attention des chercheurs et nous-même en particulier : la variabilité de la fréquence cardiaque (HRV). Longtemps utilisée dans le sport de haut niveau, elle est aujourd'hui reconnue comme un marqueur précieux de notre capacité d'adaptation. Pourquoi ? Parce qu'une méta-analyse publiée en 2022, portant sur 38 008 participants, montre qu'une faible HRV est associée à une augmentation significative du risque de mortalité toutes causes confondues. Autrement dit… Notre capacité à nous adapter semble être un meilleur indicateur de notre santé future que nous ne l'imaginions. La bonne nouvelle ? Cette capacité n'est pas figée. Elle évolue au gré de notre activité physique, de notre sommeil, de notre gestion du stress, de notre récupération… et plus largement de notre mode de vie. La longévité ne consiste donc peut-être pas uniquement à ajouter des années à la vie. Elle consiste aussi à préserver, le plus longtemps possible, notre capacité à nous adapter. Car au fond, la question n'est peut-être plus : « Quel âge avez-vous ? » Mais plutôt : « Quelle est aujourd'hui votre capacité à vous adapter ? » C'est peut-être là que commence la véritable prévention.

Dr. Christophe Hausswirth