performance humaine
chronique
du lundi
Lundi 29 juin 2026
Le ressenti est précieux. Mais il n'est pas toujours juste.
Dans le sport de haut niveau, j'ai souvent entendu des athlètes dire :
« Je vais très bien. »
Quelques jours plus tard, les indicateurs racontaient une autre histoire.
Fatigue accumulée.
Sommeil dégradé.
Stress physiologique.
Capacités de récupération en baisse.
Non pas parce que l'athlète mentait. Simplement parce que notre cerveau s'adapte en permanence. Il finit même par considérer comme normale une situation qui, quelques semaines auparavant, nous aurait alertés.
Nous faisons tous la même chose.
Au travail.
À la maison.
Dans nos responsabilités.
Nous nous habituons.
À la fatigue.
À la tension.
Aux douleurs.
À la charge mentale.
Progressivement, notre référence change.
Et c'est précisément là que commence le risque.
Le ressenti reste indispensable, mais il gagne à être éclairé par des données objectives. Non pas pour remplacer l'humain, mais pour mieux le comprendre.
Pendant longtemps, nous avons opposé intuition et mesure.
Je crois au contraire qu'elles sont complémentaires.
La première nous dit ce que nous ressentons.
La seconde nous aide à comprendre ce que nous ne percevons plus.
C'est peut-être là que commence la véritable prévention !
Dr. Christophe Hausswirth